Anthologie poétique des 2ndes E - ac-rouen.fr

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Anthologie potique des 2ndes E Eloge de la Nature Le Printemps , Charles dOrlans. Rondeaux. Le temps a laiss son manteau. De vent, de froidure et de pluie, Et sest vtu de broderie, De soleil luisant, clair et beau. Il ny a bte, ni oiseau Quen son jargon ne chante ou crie : "Le temps a laiss son manteau De vent, de froidure et de pluie" Rivire, fontaine et ruisseau Portent en livre jolie,

Gouttes dargent dorfvrerie, Chacun shabille de nouveau : Le temps a laiss son manteau. Voeu , Victor HUGO- Les Orientales, 1829 Si j'tais la feuille que roule L'aile tournoyante du vent, Qui flotte sur l'eau qui s'coule, Et qu'on suit de lil en rvant ; Je me livrerais, frache encore, De la branche me dtachant, Au zphyr qui souffle l'aurore, Au ruisseau qui vient du couchant. Plus loin que le fleuve, qui gronde, Plus loin que les vastes forts, Plus loin que la gorge profonde, Je fuirais, je courrais, j'irais !

Plus loin que l'antre de la louve, Plus loin que le bois des ramiers, Plus loin que la plaine o l'on trouve Une fontaine et trois palmiers ; Par del ces rocs qui rpandent L'orage en torrent dans les bls, Par del ce lac morne, o pendent Tant de buissons chevels ; Plus loin que les terres arides Du chef maure au large ataghan, Dont le front ple a plus de rides (suite) Je franchirais comme la flche L'tang d'Arta, mouvant miroir,

Et le mont dont la cime empche Corinthe et Mykos de se voir. Comme par un charme attire, Je m'arrterais au matin Sur Mykos, la ville carre, La ville aux coupoles d'tain. J'irais chez la fille du prtre, Chez la blanche fille lil noir, Qui le jour chante sa fentre, Et joue sa porte le soir. Enfin, pauvre feuille envole, Je viendrais, au gr de mes vux, Me poser sur son front, mle Aux boucles de ses blonds cheveux ; Comme une perruche au pied leste Dans le bl jaune, ou bien encor Comme, dans un jardin cleste, Un fruit vert sur un arbre d'or.

Et l, sur sa tte qui penche, Je serais, ft-ce peu d'instants, Plus fire que l'aigrette blanche Au front toil des sultans. Aux champs , Victor HUGOToute la lyre, 1893 Je me penche attendri sur les bois et les eaux, Rveur, grand-pre aussi des fleurs et des oiseaux ; Jai la piti sacre et profonde des choses ; Jempche les enfants de maltraiter les roses ; Je dis : Neffarez point la plante et lanimal ; Riez sans faire peur, jouez sans faire mal. Jeanne et Georges, fronts purs, prunelles blouies, Rayonnent au milieu des fleurs panouies ; Jerre, sans le troubler, dans tout ce paradis ; Je les entends chanter, je songe, et je me dis Quils sont inattentifs, dans leurs charmants tapages, Au bruit sombre que font en se tournant les pages

Du mystrieux livre o le sort est crit, Et quils sont loin du prtre et prs de Jsus-Christ. Pome posthume de Victor HUGO Je ne demande pas autre chose aux forts Que de faire silence autour des antres frais Et de ne pas troubler la chanson des fauvettes. Je veux entendre aller et venir les navettes De Pan, noir tisserand que nous entrevoyons Et qui file, en tordant l'eau, le vent, les rayons, Ce grand rseau, la vie, immense et sombre toile O brille et tremble en bas la fleur, en haut l'toile. La nature est pleine damour , Victor HUGOChansons des rues et des bois, 1865. La nature est pleine damour,

Jeanne, autour de nos humbles joies ; Et les fleurs semblent tour tour Se dresser pour que tu les voies. Vive Anglique ! bas Orgon ! Lhiver, quinsultent nos hues, Recule, et son profil bougon Va seffaant dans les nues. La srnit de nos curs, O chantent les bonheurs sans nombre, Complte, en ces doux mois vainqueurs, Lvanouissement de lombre. Juin couvre de fleurs les sommets, Et dit partout les mmes choses ; Mais est-ce quon se plaint jamais De la prolixit ?

Lhirondelle, sur ton front pur, Vient si prs de tes yeux fidles Quon pourrait compter dans lazur Toutes les plumes de ses ailes. Ta grce est un rayon charmant ; Ta jeunesse, enfantine encore, claire le bleu firmament, Et renvoie au ciel de laurore. De sa ressemblance avec toi Le lys pur sourit dans sa gloire ; Ton me est une urne de foi O la colombe voudrait boire. Nuit de juin , Victor HUGO. Les Rayons et les Ombres,1840. L't, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte

La plaine verse au loin un parfum enivrant ; Les yeux ferms, l'oreille aux rumeurs entrouverte, On ne dort qu' demi d'un sommeil transparent. Les astres sont plus purs, l'ombre parat meilleure ; Un vague demi-jour teint le dme ternel ; Et l'aube douce et ple, en attendant son heure, Semble toute la nuit errer au bas du ciel. Aurore , George SAND. Pome ddi sa petite-fille. La nature est tout ce qu'on voit Tout ce qu'on veut, tout ce qu'on aime. Tout ce qu'on sait, tout ce qu'on croit, Tout ce que l'on sent en soi-mme. Elle est belle pour qui la voit, Elle est bonne celui qui l'aime, Elle est juste quand on y croit Et qu'on la respecte en soi-mme.

Regarde le ciel, il te voit, Embrasse la terre, elle t'aime. La vrit c'est ce qu'on croit En la nature c'est toi-mme. Correspondances , Charles BAUDELAIRE- Les Contemplations, 1857. La Nature est un temple o de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles ; L'homme y passe travers des forts de symboles Qui l'observent avec des regards familiers. Comme de longs chos qui de loin se confondent Dans une tnbreuse et profonde unit, Vaste comme la nuit et comme la clart, Les parfums, les couleurs et les sons se rpondent. II est des parfums frais comme des chairs d'enfants, Doux comme les hautbois, verts comme les prairies, - Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies, Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens, Qui chantent les transports de l'esprit et des sens. Chanson dautomne , Paul VERLAINEPomes Saturniens, 1866 Les sanglots longs Des violons De l'automne Blessent mon cur D'une langueur Monotone. Tout suffocant Et blme, quand Sonne l'heure, Je me souviens Des jours anciens Et je pleure Et je m'en vais

Au vent mauvais Qui m'emporte De, del, Pareil la Feuille morte. Le dormeur du val , Arthur RIMBAUD. Posies, 1870. Cest un trou de verdure o chante une rivire, Accrochant follement aux herbes des haillons Dargent ; o le soleil, de la montagne fire, Luit : cest un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tte nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est tendu dans lherbe, sous la nue, Ple dans son lit vert o la lumire pleut. Les pieds dans les glaeuls, il dort. Souriant

comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, berce-le chaudement : il a froid. Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine, Tranquille. Matin doctobre , Franois COPPEE. Le Cahier rouge, 1892. Cest lheure exquise et matinale Que rougit un soleil soudain. travers la brume automnale Tombent les feuilles du jardin. Leur chute est lente. On peut les suivre Du regard en reconnaissant Le chne sa feuille de cuivre Lrable sa feuille de sang Les dernires , les plus rouilles, Tombent des branches dpouilles;

Mais ce nest pas lhiver encore. Une blonde lumire arrose La nature, et, dans lair tout rose, On croirait quil neige de lor

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